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[France 1940] Ils les ont vus ! Le jour où tout aurait pu changer !

le Ven 22 Juin - 19:22
12 Mai 1940, deuxième jour de guerre !
(Article tiré de l’Aéro-Journal HS N°30 – Mai/Juin 1940 - Photos internet et de l'Auteur)
 
Il est 8h35 lorsque s'envole de la piste de Monceau-Le-Waast (Aisne) le Potez 637 n°48 du GR.II/33. Sa mission consiste à survoler à très basse altitude (25m) les vallées de la Liesse et de la Meuse entre Chimay, Dinant et Marche, le retour se fera par Rochefort. Dans une position particulièrement inconfortable, à demi accroupi, à demi couché, dans la cuve ventrale de l'avion, le Lieutenant Chéry scrute avec attention une campagne qui lui semble bien calme. 

Potez 637

Gondole ventrale du Potez 637 dans laquelle l'observateur se trouvait
 
A 9h15, le Potez 63.11 n°280 appartenant au GR II/22 s'est élancé de Chatel-Chéhéry (Ardennes). L'équipage se compose des Capitaine Fouché (Pilote), Sous-Lieutenant Saint-Genis (Observateur) et du Sergent Taïb (Mitrailleur). Ce dernier enclenche un camembert dans sa mitrailleuse, il aura un rôle important car aucune escorte n'a été prévue pour les accompagner. Dans la majorité des cas, ceux de l'aviation de renseignement ont appris à se passer de "garde du corps". Tout en grimpant jusqu'à 3000 m, l'appareil met le cap plein Nord en direction de Bouillon, premier objectif fixé à cette mission de reconnaissances dans les Ardennes Belges.

Potez 63.11
 

Ils sont là !
La suite de cette mission, Lucien Saint-Genis la raconte : 
"La campagne inondée de soleil défilait sous l'avion. C'était un magnifique dimanche de printemps, le dimanche de Pentecôte. Franchement, il fallait avoir beaucoup d'imagination pour penser que nous étions en guerre... J'étais assis, là,dans la carlingue avant, mon carnet sur le genou gauche, mon crayon dans la main droite, prêt à noter toute information. 
C'est alors que le Capitaine Fouché a crié dans le laryngophone : "Bouillon, droit devant !". Comme convenu, nous sommes descendus jusqu'à 1500m et quelques secondes avant d'arriver sur la boucle de la Semois, j'ai déclenché la caméra !


Photos prisent par la caméra du Potez 63.11 à 10h au dessus de Bouillon. Sur les bords de la rivière, sur la photo zoomée du bas, des éléments mécanisés se distinguent. D'autres éléments attendent de les rejoindre. Ils sont à moins de 20 km de Sedan.
 
 
Qui de Chéry ou de Saint-Genis les a vus le premier ? L'histoire ne le dit pas, le plus important et qu'ils ont vu la même chose, des troupes Allemandes. 




Saint-Genis poursuit son récit :
"Nous avons survolé la ville selon un axe sud-nord, mais en arrivant à l'extrémité nord, je n'ai pu réprimer un cri "Nom de dieu ! Regardez sur votre droite" ai-je ajouté à l'attention de mon Capitaine. Celui-ci m'a répondu : "J'ai vu. Qu'est ce que c'est ?". Fouché ne pouvait manier son avion comme il le voulait. La caméra tournait et toute manœuvre aurait eu pour conséquence de rendre le film flou. "Des chars qui traversent la rivière", répondis-je au Capitaine. "Il y en a sur les deux rives. Oh ! il y en a d'autre plus loin, au moins une cinquantaine !".
Le Capitaine me demanda : "Des Boches ?" Je n'en avais pas le moindre doute et je le lui dis. Nous nous sommes tus devant ce spectacle qui n’annonçait rien de bon. J'ai noté cela dans mon carnet. Après la mission nous sommes rentrés à Chatel-Chéhéry. Sur le chemin le chemin du retour, je me demandais si les éléments que nous avions vu étaient soit des avant-gardes ou des éclaireurs".


 
Page du carnet de Lucien Saint-Genis pour la mission du 12 Mai 1940
 
A ce moment, le Potez 63.11 du II/22 vient de survoler les avant-gardes de la 1.Panzerdivision du corps blindé de Guderian, à moins de 20 km de Sedan ! Un spectacle encore plus terrible s'offre à la vue de Chéry. Le souffle coupé par cette vision, il ne peut même pas parler. A deux kilomètres à l'ouest de Marche, ils sont tombés sur les avant-gardes de deux des trois corps de blindés allemands qui ont traversé les Ardennes (Motos, automitrailleuses et chars léger). Il y en a des centaines plus à l'est, faisant route vers Marche et Givet... Pour faire face à la déferlante allemande : rien, personne au sol c'est le néant absolue jusqu'à Sedan ! Cette reconnaissance est donc d'une urgence primordiale !
 

Favret reprend de l'altitude puis refait un passage en rase-mottes entre Jemelles et Marche. Il ouvre le feu avec sa mitrailleuse fixe de nez, imité par son mitrailleur, le Sergent Escame. Des soldats sautent des camions pour se jeter au sol. Les blindés ripostent, l'appareil tressaille sous le choc de plusieurs impacts ; on en dénombrera seize. La pression d'huile du moteur gauche tombe subitement, le radiateur est crevé ; celui de droite ne tardera pas à l'être aussi. Mission accomplie, il est temps de rentrer ! 
 
Soyons Sérieux !
Fouché pose son Potez 63.11 à Chatel-Chéhéry. A peine l’avion immobilisé, Saint-Genis s’extrait de son poste d’observation comme un diable, il n’attend pas que les mécanos poussent le Potez à la main dans les carrières aménagées et couvertes de grillages et de raphias. Il fait signe aux techniciens photographes de récupérer le Planiphote pour développer les photos en leur signalant que c’est très urgent, puis il court jusqu’au poste de commandement du GR II/22 situé dans une abbatiale. Dans la grande pièce du bas, Saint-Genis retrouve son chef, le commandant Barruet. A la vue du jeune lieutenant qui vient d’entrer essoufflé avec grand fracas, Barruet, accaparé par son travail administratif, relève la tête et dit :
- « Eh bien ! Mon lieutenant, vous m’avez l’air dans un drôle d’état…
- Mon commandant, si vous saviez…il y a de quoi. Les Allemands sont à Bouillon !
- Qu’est ce que vous racontez ? Vous êtes sûr ?
- Certain, mon Commandant. D’ailleurs, nous rapportons une cinquantaine de photos.
- Mais enfin, c’est impossible, la dernière reconnaissance n’a rien donné.
- C’était hier en fin d’après-midi, mon Commandant.
- Vous voulez dire… qu’en une nuit ils sont arrivés à 20 km de Sedan ?!
- Bien ! Je téléphone au PC de la 2e Armée. Assurez-vous que vos clichés soient rapidement développés et portés par une estafette."
 
Dire que l’interlocuteur du commandant Barruet à la 2e Armée accueille ces informations avec scepticisme relève de l’euphémisme. La conversation tourne vite court et s’achève sur un brutal :
« Soyons sérieux mon Commandant, si les Allemands étaient à vingt kilomètres de Sedan, ça se saurait ! »
Lucien Saint-Genis
 

Il m’a pris pour un fumiste !
 
Une scène quasi similaire se déroule à Monceau-Le-Wast, là ou le Potez 637 vient de se poser. Le Commandant Henri Alias « Patron » du GR II/33, écoute attentivement le rapport de Chéry. Il ne semble pas trop étonné. Ces renseignements corroborent ceux recueillis la nuit précédente par un autre équipage qui a vu, sur les routes au sud de la Meuse, en pleines Ardennes Belges, des convois circulant tous feux allumés.
 
Sans hésiter, Alias décide de bousculer la sacro-sainte voie hiérarchique et appelle directement le chef du 2e Bureau de la 9e Armée, le commandant Hosteing, qu’il connait bien, puisqu’ils ont été élèves dans le même lycée. Mais l’amitié d’enfance n’a pas toujours la force pour vaincre les doutes et surtout l’idée que les Ardennes sont infranchissables par des forces mécaniques en si peu de temps !
 
Hosteing répond à Henri :
- « Enfin, sois sérieux Henri ! Deux divisions de blindés se dirigeant vers Givet… c’est impossible ! Ton gars a dû rêver.
- Certainement pas ! Il est officier de chars et c’est un observateur très compétent.
- Sans doute, sans doute… Mais tu sais nous avons quelques unités d’automitrailleuses qui sont en reconnaissance dans le secteur. Il a dû se méprendre. »
 
A bout d’arguments, Alias tend le combiné à Chéry. Calme au début celui-ci commence à sentir l’énervement le gagner. Son interlocuteur le cueille à froid avec une ironie à peine dissimulée, en lui disant :
« - Et vous les connaissez aussi bien que ça, les chars allemands ?
- Oui ! Il y avait des Panzer 38 à l’ouest de Rochefort, au moins cinquante, et aussi quelques Panzer II »
 
Chéry lit ses notes tout en essayant de conserver son sang froid :
-« Sur les rocades de Marche, il y avait des Panzer I. Ce sont des chars de 5 tonnes, armée de deux mitrailleuses de 7,92mm. Il y avait aussi … »
 
Hosteing le coupe brutalement :
- « Et de quelle hauteur avez-vous vu tout cela ? »
 
Chéry explose :
- « A moins de 20m Monsieur, et je suis le lieutenant Chéry, officier de chars ! »
 
Chéry raccroche brutalement le combiné rouge de rage et se retourne vers le commandant Alias. « Il m’a pris pour un fumiste ! »
 
Il ne reste plus qu’à taper le rapport à la machine à écrire en trois exemplaires, dont un est transmis selon le mode habituel à l’Etat-Major. Dans son compte-rendu, Chéry ne mâche pas ses mots :
 
« Les renseignements ci-dessus sont téléphonés immédiatement à la 9e Armée, où ils sont accueillis avec une incrédibilité totale ! Malgré des explications fort vives entre moi-même (Officier de chars) et le correspondant de l’Armée, il ne semble pas que l’on soit arrivé à se comprendre sur le fait évident du passage de divisions blindées à travers les Ardennes. »
 
Hitler a gagné son pari et la France a perdu la guerre ! L’État-major Français a ignoré les déclarations de son aviation de reconnaissance, les méprisant, le résultat fut celui que nous connaissons aujourd’hui !  Peut être ce fait aurait-il pu changer le cour de la bataille de France…
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Re: [France 1940] Ils les ont vus ! Le jour où tout aurait pu changer !

le Ven 22 Juin - 20:18
Très sympas même si je le connais déjà (merci thib ;) )

Merci pour le boulot

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Re: [France 1940] Ils les ont vus ! Le jour où tout aurait pu changer !

le Ven 22 Juin - 21:39
Tu triches bougnat tu as l'Aéro Journal aussi ^^
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Re: [France 1940] Ils les ont vus ! Le jour où tout aurait pu changer !

le Sam 23 Juin - 11:41
Impressionnant l’incrédulité des mecs qui passent leur temps à gratter du papier...
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Re: [France 1940] Ils les ont vus ! Le jour où tout aurait pu changer !

le Lun 25 Juin - 10:39
C'est induit par la mentalité de l'époque et par la certitude collective que la France est à l'abri derrière la Ligne Maginot... celle-ci répondait d'ailleurs à de réelles problématiques stratégiques dans les années 30 (poids démographique de l'Allemagne par rapport à la France, volonté de mener une guerre défensive uniquement, etc...). 

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Re: [France 1940] Ils les ont vus ! Le jour où tout aurait pu changer !

le Mer 27 Juin - 11:53
Merci du partage! Ça fait toujours mal de voir le décalage entre la hiérarchie et les hommes de terrain, mais bon on va pas refaire l'histoire. En tout cas super intéressant de voir un article sur la reconnaissance! Ça me fait penser aussi aux plans d'invasions allemands qui auraient été récupérés quelques jours avant fall gelb suite à la capture d'un avion, et pris pour une intox il me semble et pas pris en considération,c'est ça? Les Allemands ont vraiment eu beaucoup de chance lors de leur invasion, et les alliés ont loupés plusieurs occasions décisives.
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Re: [France 1940] Ils les ont vus ! Le jour où tout aurait pu changer !

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